Velib’, une success-story mise à mal par le vandalisme

A côté des records d’utilisation fréquemment battus depuis deux ans par les systèmes de vélos en libre-service (VLS) qu’il gère en France ou encore du succès socioculturel que son produit rencontre de Göteborg à Séville en passant par Dublin et Vienne, JC Decaux enregistre… un niveau de vol et de vandalisme « sans précédent. »

Alors qu’un à deux tiers des parcs de VLS des grandes villes françaises sont volontairement dégradés chaque année, le directeur général de la stratégie de JC Decaux, Albert Asséraf, apparaît soucieux de remédier à ce fléau d’ici fin 2015.
« Ni les mairies ni notre entreprise ne s’attendaient à une telle ampleur » reconnaît-t-il.

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Pneus crevés, chaînes cassées, selles dégradées, câbles de freins arrachés, transpondeurs sciés… Plus de 10 000 dégradations de Velib’ ont été constatées rien que l’an passé à Paris, ce qui représente plus de la moitié du parc effectif vandalisé. Cela fait suite à un peu moins de 9 000 cycles déjà volés ou détruits en 2012.

Des chiffres corrélés… au beau temps. Rien qu’en juillet-août 2013, 5 000 Velib’ ont été détériorés, contre 3 500 l’été précédent, selon une source de la mairie de Paris. Sans que cela ne présage (de la météo!) de la prochaine période estivale, l’année 2014 a commencé sur un volume de vols et de destructions similaire à 2013.
Au point même de faire réagir publiquement la mairie de Paris, inquiète de ce « coût budgétaire conséquent. » C’est peu dire.

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Lire l’article complet sur la Gazette des communes

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Lorsqu’on aborde avec Albert Asséraf les conditions financières du contrat liant JC Decaux à la mairie de Paris malgré cette vague de vandalisme mettant à mal ses marges d’exploitation, il conserve son discours originel.
« En échange d’un financement par la publicité sur le mobilier urbain, nous prenons en charge l’intégralité du système y compris sa maintenance » simplifie ce VRP de ce service « pub contre vélos » qui ne coûterait soi-disant rien aux collectivités. Voici donc pour la théorie.

Dans la pratique, le « coût considérable » de ces dégradations à répétition ont poussé le leader mondial du mobilier urbain à revoir dès 2009 son business-model.
Si bien que le seul avantage de cette délégation de service public semble, aujourd’hui, de ne pas avoir grever les budgets d’investissements de la mairie de Paris… en pleine campagne électorale.

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A quelques mois des municipales 2008 et en dépit d’un coût probablement plus élevé sur le long-terme, Bertrand Delanoë avait en effet obtenu de JC Decaux

  • l’installation, puis la gestion « gratuite » du système Velib’ jusqu’en 2017 ;
  • l’encaissement de la totalité des recettes, ainsi qu’un chèque annuel supplémentaire de 3,4 millions d’euros.

En échange, le maire de Paris abandonna les 1 628 panneaux publicitaires municipaux à JC Decaux jusqu’en 2017, qui générait pourtant quelques 60 millions d’euros annuels.
La bonne affaire… Sauf que plusieurs avenants ont, depuis, invalidé cet argument politique – déjà fort contestable au départ donc – du « coût zéro » pour les collectivités.

Les 16 à 19 millions de recettes annuelles du système Vélib’ ne sont plus exclusivement reversées à la mairie ; les frais de gestion ont été revus à la hausse ; les abonnements et prix de location à la semaine ont également été augmentés.
« Nous avons appris avec le temps, en pédalant… » se défend Albert Asséraf. Voilà les élus et les collectivités rassurés dans la perspective des prochaines renouvellements de contrats…

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