Au Bataclan, les partisans d’Hollande se partagent les rôles

Les supporters de François Hollande se sont réunis mercredi soir dans un café du onzième arrondissement pour regarder la prestation de leur favori, lors du deuxième débat de la primaire socialiste. Reportage.

Paru sur le site du jdd.fr

Bar du Bataclan, dans l’est parisien. Il est un peu moins de 18 heures, les soutiens de François Hollande affluent dans ce café aux faux-airs de temple chinois. Ils sont un peu moins d’une centaine à être venus supporter leur « champion », en piste pour le second débat de la primaire socialiste. Les tablées prennent forme et rapidement se déplacer jusqu’au comptoir devient compliqué.

Le débat commence dans l’indifférence générale, l’introduction de Ségolène Royal passe inaperçue, puis quelques têtes crispées se lèvent pour regarder la présentation de Martine Aubry. Enfin, tous acquiescent les mots, « le verbe présidentiel » de François Hollande. Avant que le brouhaha ne reprenne, jusqu’à la prochaine prise de parole de l’ancien premier secrétaire du PS. Là, la salle hoche de nouveau la tête et valide les arguments de son poulain. A gauche ou à droite du comptoir, les réactions se ressemblent. Mais chacun –campé dans son rôle de sympathisant, proche ou blogueur- vit ce débat d’une manière différente.

« Ici, on est chez Hollande, pas chez Montebourg »

A droite de l’écran, l’ambiance est plutôt bonne enfant. Militants retraités et jeunes loups épris de politique se mélangent, « parce que c’est plus sympa que de regarder le débat tout seul dans son salon. » Ils sourient, parlent fort. Les vannes s’entendent du fond de la salle : « Ici, on est chez Hollande, pas chez Montebourg! », lance un sympathisant, préférant le vin à la bière.

Détendus, ils prêtent une oreille au débat et livrent leurs propres analyses. « Ce débat nous conforte dans nos idées, mais au final il aura peu d’impact sur l’électorat : la primaire ne se gagnera pas là », avance un étudiant de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Son camarade renchérit : « La participation est plus importante en soi que le résultat. Nous sommes dans une logique de rassemblement socialiste qui devra permettre de tous se réunir derrière François à la fin… enfin derrière le candidat du PS. »

Face au grand écran suspendu au haut plafond du Bataclan, les proches du candidat sont beaucoup plus concentrés. Plus crispés, également. Les caméras courent après le baron lyonnais Gérard Collomb ou la députée Aurélie Filipetti, qui partagent en duplex leurs commentaires sur la prestation de François Hollande. « Sa stature présidentielle lui donne beaucoup de dignité et lui permet de réaffirmer ses idées »; « les autres candidats cherchent à se démarquer de François, c’est le jeu des primaires! Mais lui s’adresse à l’ensemble des Français et non pas seulement aux militants socialistes », explique l’élue de Moselle.

Relayer la parole officielle

Un oeil sur le débat, l’autre sur l’écran de leur ordinateur ou de leur tablette, une vingtaine de technocrates et/ou blogueurs de l’équipe numérique, confinée à gauche de la salle, leur prêtent main forte pour relayer la parole officielle. Après avoir été briefé en début d’émission par le coordinateur de la web-campagne, Vincent Feltesse – « pas d’attaques, notre mission consiste à tweeter, compléter la parole officielle, renvoyer vers le programme, répondre sur les forums, etc… » – ces petites mains tentent de faire mousser François Hollande sur la toile.

Et eux -contrairement à leur candidat qui prend soin de synthétiser et rassembler- n’hésitent pas à plonger la tête la première dans la mêlée. Le blogueur « hollandais » Romain Pigenel (animateur du site toushollande.fr) montre à son voisin de tablée ses derniers tweets taclant « @martineaubry et son soutien Laurent Fabius qui a mis en place les stock-options », moquant @RoyalSegolène ou encore raillant @Montebourg qui « nous fait le coup du péril jaune » et qui « va expliquer que les gangs chinois et coréens menacent la sécurité des honnêtes français ». Lui n’est pas venu distribuer des éléments de langage ni se réunir entre amis socialistes, il est là pour travailler.

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