Démocratie (grècque) Vs. Dictature des marchés

Dix-huit mois que la crise grecque perdure… et dix-huit mois que l’avenir de l’euro zone s’écrit en pointillés. Faute d’un consensus des dirigeants européens sur le sujet de la crise des dettes souveraines, l’hypothèse de la contagion se crédibilise de jour en jour. Sauf qu’en cas de défaut de paiement hellénique, la crise de la monnaie unique se propagerait cette fois-ci au Portugal et à l’Irlande, puis à l’Espagne à moyen-terme voire ensuite à l’Italie ou à la Belgique…

Crédits photos: Flickr, by Agora Vox

Cette panique ne semble pas gagner les gouvernants européens. Les divisions ne cessent de s’accentuer tandis qu’un seul point fait encore l’unanimité: l’octroi d’un nouveau prêt à la Grèce reste conditionné à un renforcement des programmes d’austérité.

Une «solution» en tout point semblable au premier plan d’aide, qui imposait déjà un régime drastique à Papandréou & Cie pour débloquer une aide de 110 milliards d’euros. A la différence que cette fois-ci, quelques Etats –la puissante Allemagne en tête- réclament désormais une participation des banques à l’effort des contribuables européens.

Cette clause a même été acceptée. Du moins, avant que la Banque centrale européenne ne profite des atermoiements entre Etats sur les modalités (roulement, ré-échelonnage ou rachat de la dette, etc…) de cette aide du monde financier, pour inclure la notion de volontariat. Cette institution, censée être neutre et apolitique, a donc finalement obtenu des principaux Ministres de l’Economie que rien ne serait exigée des banques si ces dernières n’en expriment pas l’envie… au préalable. La justification tiendrait dans la nécessité d’éviter une nouvelle  crise financière…

Mais cela n’empêche pas ce même diktat néo-libéral, modèlant les politiques économiques des gouvernants en faisant abstraction de l’avenir des gouvernés, de s’employer pour convaincre que la participation -même éventuelle- des banques au sauvetage de la Grèce avait un prix: oublié les déclarations d’intention de la classe politique européenne sur les bonus, les voilà contraints à détricoter (Bâle 3) la pseudo-réglementation financière mise en place après la crise de 2008. Oubliant un peu vite au passage, que les gouvernements européens avaient secourus à l’époque l’égoïste système financier en creusant de façon vertigineuse leurs propres déficits, responsables aujourd’hui de la récente crispation des marchés.

Crédits photos: Flickr, by Steve Rhodes

L’affrontement dans les coulisses de Bruxelles, entre créanciers (banques, fonds de pension, assureurs, agences de notation) et débiteurs (citoyens, contribuables, Etats), tourne à l’avantage des premiers nommés. La France n’est malheureusement pas encore la Grèce et ne se rend toujours pas compte de la perte de sa souveraineté : réforme des retraites, gel des salaires et des embauches de fonctionnaires, réduction des dotations des collectivités…

Depuis plusieurs mois, les dirigeants politiques français (comme européens) se font dicter leurs choix et se sont résolus à cesser leur politique d’endettement généralisé. Provoquant une anxiété économique et sociale, qui aurait dû en toute logique introduire un réel débat d’idées à moins d’un an du scrutin présidentiel…

Mais non ! De droite ou de gauche, le ou la vainqueur(e) de 2012 n’aura d’autres choix qu’accomplir une même politique de rigueur. Mais ils préfèrent le cacher en (ab)usant de la démagogie. Pour  ne pas être tenus « responsables » de la panique des marchés, ils réfutent le discours de vérité et travaillent plutôt sur leurs stratégies de peoplisation que leurs idées. Les programmes politiques sont délaissés au détriment des faux sujets et autres bisbilles politiciennes. Achevant encore un peu plus -s’il y en avait réellement besoin- ce qui reste de notre démocratie…

Disclaimer

Ce post d’un europhile frustré n’est pas celui d’un marxiste, et honnête qui plus est. Je me dois donc d’éclaircir quelques points. Selon moi, les « coupables » sont autant les dirigeants européens que les méchantes agences de notation et autres marchés financiers: et parmi ceux-là, vos fonds de pension et autres caisses de retraites trouillardes (fonds privés d’autrui=zéro prise de risque) sont bien plus responsables que les investisseurs-spéculateurs livrés à la vindicte populaire, alors qu’ils sont les seuls à encore se risquer à acheter des titres grecs (avec toujours l’objectif, je vous l’accorde, de faire un maximum de profit)

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Et si l’Irlande sauvait l’Europe: ici

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One Response to “Démocratie (grècque) Vs. Dictature des marchés”
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  1. […] d’échec pour les personnalités politiques, l’arrivée d’ex-«banksters» dont la politique -dépourvue de tout projet de société- n’a d’autre horizon que le rétablissement des comptes …, s’est déroulée de façon entièrement démocratique, avec l’approbation des parlements […]



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