Politigeeks, rentrez chez vous !

Ben Ali a quitté le pouvoir et laissé le peuple tunisien divisé, entre ceux qui attribuent son renversement à Facebook, Twitter & Youtube, et ceux partisans d’une «révolution de Jasmin», qui trouverait principalement ses fondamentaux dans la famine, le chômage et la corruption. Les médias et autres cyber-utopistes ont beau raffolé de la première, la seconde thèse me paraît la plus sérieuse, dans un pays où l’accès à internet est réservé à une élite et où les moyens de blocage du Net sont très développés.

Transposons tout ça en France, maintenant (qui a dit que c’était capilo-tracté?) : nous possédons encore quelques libertés et sommes encore en démocratie, jusqu’à preuve du contraire. Profitons-en ! Nous n’avons nullement besoin d’internet pour désigner qui doit administrer notre pays.

Flick by clémentine gallot

Humour ou pas, Ségolène Royal dit avoir inspiré Barack Obama lors de son élection en 2008. Si Désirs d’avenir apparaît bien ridicule face à myBO.com ou le MeetUp d’Howard Dean en 2004, le wagon de retard français en matière de politique connectée ne me semble pas être un mal, au contraire.

Sur l’exemple du site de campagne de Barack Obama, parvenu à lever une « armée citoyenne » de 1,2 millions de bénévoles démocrates qui allaient asperger la société américaine de campagnes de phoning et mailing, un candidat français est-il réellement capable d’élaborer une présence sur internet boostant ainsi sa côte de popularité ? Je ne pense pas. Tant mieux en fait.

Et je ne défends pas une vision passéiste : internet reste un formidable outil. Il est tout simplement dangereux pour la démocratie, de par l’usage que pourrait en avoir les politiciens. Les chaînes d’informations  en continue ont déjà révolutionné la politique, en appauvrissant encore un peu plus les débats d’idées pour ne plus donner de l’écho qu’aux polémiques et aux propos les plus anodins, et conserver uniquement les petites phrases. L’élection présidentielle de 2012 n’a pas besoin que nos personnalités politiques contrôlent cette « nouvelle » technologie…

Rassurons-nous, ils ne semblent pas encore vraiment adeptes de ce jeu. Tant qu’internet n’est pas la première source d’informations de nos compatriotes, le contrôle politique du web n’est pas une priorité dans leur communication vis à vis des électeurs. Aujourd’hui, l’UMP rassemble moins de 8.200 fans sur Facebook, le Parti Socialiste 15.600… bien faible sur les vingt millions d’utilisateurs français. Les partis politiques voient Internet comme un vecteur  de communication supplémentaire, sans bien comprendre le phénomène. Historiquement, la bataille des urnes se gagne plutôt à coup de débats télévisés et de meetings que de campagnes virales sur les réseaux sociaux.

La culture d’appareil verrouille les partis français. Un mal pour un bien, en fait : la politique en 140 signes n’a pas sa place. Et que les politiciens français fassent peu d’usage d’internet en 2012 n’est pas une si mauvaise nouvelle, pour la vie politique, le débat d’idées, les internautes, et nous citoyens.

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