Les sénateurs ne batteront pas en retraite

Réunis en commission depuis quelques jours, les sénateurs devraient examiner l’épineux dossier des retraites en séance plénière, le 5 octobre. Une date qui effraie le gouvernement. Bien plus que le rendez-vous de demain fixé par les syndicats ou les contre-propositions de l’opposition.

Dans une interview au Parisien, la Première secrétaire du PS Martine Aubry a affirmé sans broncher que « la liberté pour les salariés de pouvoir partir à 60 ans ne signifie pas de donner une retraite à taux plein. » Pour maintenir cet héritage de François Mitterand, elle proposait donc simplement de baisser le niveau des pensions. Ingénieux…

La partie au Palais du Luxembourg risque d’être un peu plus cocasse que l’adoption du texte à l’Assemblée Nationale…

Lors de l’adoption du texte à l’Assemblée Nationale, les députés socialistes s’évertuaient encore à réclamer la démission du Ministre du travail, Eric Woerth. Et les médias commençaient tout juste à expliquer la réforme, à jouer leur rôle de témoin entre la sphère politique et la population. Des approximations qui ont ni plus ni moins ouvert un boulevard à l’exécutif, en occultant un -pourtant nécessaire- débat sur le fond de la réforme.

Généralement grand oublié du débat politico-médiatique, le Sénat a maintenant des arguments à faire valoir. Le président du Sénat lui-même, Gérard Larcher (UMP), a prévenu d’éventuels amendements de l’aile sociale de l’UMP. Pas de fronde à prévoir pour autant. Les sénateurs issus de la droite gaulliste devraient rester dans les rangs et ne pas amender les bornes d’âge de départ à la retraite, conformément au souhait du Président de la République.

Les centristes, eux, ne seront pas bridés. Conscients que l’UMP ne dispose pas de la majorité absolue, Nicolas About et les 29 autres sénateurs centristes se savent incontournables. A moins d’un an des prochaines élections sénatoriales, et après que la réforme ait été adoptée comme une formalité par l’Assemblée Nationale, les sénateurs ne manqueront pas d’envoyer un message d’indépendance au gouvernement. Dans cette optique, ils ont déjà opéré un rapprochement avec la CFDT, syndicat modéré « qui n’est pas opposé au recul de l’âge à la retraite mais qui refuse les inégalités ». Alors, prêts à jouer un nouveau tour au gouvernement, après le renvoi de la réforme des collectivités devant la commission mixte paritaire ?

Il semble que oui. Pour le Président –centriste- de la Commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis,  « la réforme des retraites ne va pas assez loin », lui qui souhaite également geler les pensions supérieures à deux ou trois fois le SMIC.  « Il faut briser les tabous et tout mettre sur la table, sinon nous sommes condamnés à des mesures encore plus douloureuses dans quelques années ». D’autres, un peu moins romains dans l’âme et surtout plus regardants à l’égard de leur carrière politique, se contenteront d' »adoucir la réforme » en travaillant par exemple sur la pénibilité. Un bon premier pas…

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