L’UMP (chi)raque dans l’affaire des emplois fictifs

Ce n’est pas un aveu… mais cela y ressemble fort. Jacques Chirac et le parti présidentiel s’engagent à rembourser 2,2 millions d’euros à la Mairie de Paris pour régler le litige des «emplois fictifs». Le protocole d’accord devrait être soumis au prochain conseil de Paris (27 et 28/09). Rien de fait donc, mais une chose est certaine: la vérité n’est pas bonne à entendre.

Car ce règlement de comptes permettra à l’ancien Président de la République de 1995 à 2007 de comparaître devant le tribunal correctionnel beaucoup plus sereinement. En échange de cette somme conséquente, la Ville de Paris retirera en effet sa constitution de partie civile alors que le Parquet a d’ores et déjà confirmé qu’il allait requérir la relaxe… Jacques Chirac n’aura donc plus aucun adversaires.

Poursuivi pour « détournements de fonds publics » et « abus de confiance » concernant 21 emplois de complaisance présumés payés entre fin 1992 et 1995, l’ancien  Maire de Paris pourrait donc être tiré d’affaire plus tôt que prévu. Sans que la V République ne s’en émeuve plus que ça. Ces petits arrangements entre amis sont devenus monnaie courante, symptomatique d’un régime sans tabous.

Cet accord Chirac-Sarkozy sponsorisé par l’UMP -qui paiera les trois-quarts de la facture; 550.000 euros « seulement » restant à la charge de l’ancien Président- a cependant plusieurs limites. Ne serait-ce qu’au niveau de l’opinion publique. Signer le chèque serait interprété comme un aveu de culpabilité. Cela en dirait aussi long sur la main mise de l’Elysée sur l’UMP. Selon le Canard Enchaîné (avril 2007), Nicolas Sarkozy s’était secrètement engagé à « éviter au président sortant tout retour de flamme judiciaire » en échange du soutien public de Jacques Chirac. Surprise !

Tweet Yannick Favennec

Le député copéiste Yannick Favennec se trompe ! Ce n’est pas l’adhérent UMP mais bien le contribuable qui remboursera les emplois fictifs du RPR…

Toujours selon l’hebdomadaire satirique, ce serait Nicolas Sarkozy lui-même qui aurait proposé l’aide de l’UMP pour rembourser la Mairie de Paris. Oubliant d’informer au passage les dirigeants du parti présidentiel de sa coûteuse initiative (qui coûtera un peu plus de 3% du budget annuel du parti majoritaire).

Quoi qu’on en dise, cet arrangement coupable ne tient pas debout. S’il y a indemnisation, la droite aurait pu éviter nombre de polémiques et de procédures (avec un coût) en reconnaissant sa faute bien plus tôt. Au contraire, si l’ordre d’embaucher tel ou tel collaborateur venait directement de Jacques Chirac, alors le parti présidentiel n’a aucunement le devoir de payer à sa place.

Surtout qu’il ne faut pas l’oublier en ces temps d’ « effort budgétaire », les partis politiques sont largement subventionnés par l’Etat. La bêtise de Chirac serait donc gommée non pas par l’adhérent UMP mais bien par le contribuable français.

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