La naïve histoire d’Eric W.

Affirmer que « l’Affaire Woerth/Bettencourt provoque chez moi dégoût et répulsion » serait un euphémisme. Cette histoire familiale devenue feuilleton judiciaire puis saga politique, m’a même contraint (sic) à alimenter ce blog plus tôt que prévu. Réduisant à néant les guères illusions qu’il me restait, ruinant le peu de confiance que je portais encore à notre classe politique.

Comment ne pourrait-il pas en être ainsi ? De l’entourage perfide, pour ne pas dire avide, de Liliane Bettencourt (les Banier, de Maistre, Goguel et consorts) mais surtout le Ministre -et cadre du parti au pouvoir- Eric Woerth, soutenu publiquement par la Présidence de la République : tous s’affranchissent sans vergogne de notre si regrettée exigence démocratique.

La fonction de trésorier national de l’UMP du ministre du Budget ; l’embauche de son épouse dans la société en charge de la troisième fortune de France ; la création par le même Eric Woerth d’un « Premier cercle », sorte de passe-droit républicain pour les riches donateurs UMP ; les remises de Légion d’honneur par le dit ministre à ses « liaisons dangereuses » (futur patron de sa femme, commissaire aux comptes, membres du Premier Cercle)… Voilà pour ce qui est de l’effectif. D’autres soupçons à propos d’un possible financement illégal de la vie politique gravitent autour de cet ancien collègue de Louise-Yvonne Casetta.

Louise-Yvonne Casetta régulièrement surnommé « La Cassette » est considérée comme la trésorière occulte du RPR…

 

Avant de lancer son éminent combat contre les fraudeurs, il soulevait des fonds pour la campagne 2007 auprès des exilés fiscaux suisses. Monsieur Woerth Eric, ès qualité de trésorier national de l’UMP, est également à l’origine d’étranges mouvements de fonds entre le parti présidentiel et « l’association de financement de la politique d’Eric Woerth », micro-parti contournant l’esprit de la loi sur le financement politique du 15 janvier 1990. En tout, c’est une demi-douzaine de conflits d’intérêts qui lui sont reprochés.

D’ores et déjà, certaines accusations n’ont plus lieu d’être. Celle d’avoir jouit de son poste à Bercy pour faciliter le recrutement de sa femme chez Clymène n’est plus à l’ordre du jour, Florence W. ayant démissionné sous la pression médiatique. Le cumul de sa casquette de trésorier de l’UMP et de son poste au Ministère du Budget ? Rayé tout pareillement de la liste. Eric Woerth n’a donc « pas une tête à couvrir la fraude fiscale » mais il s’est empressé de « réguler » certaines situations…

La fonction gouvernementale suppose d’être irréprochable sur le plan de l’éthique. Alors oui, la naïveté n’est pas encore un délit en France. Mais comment Eric Woerth a-t-il pu croire qu’il s’en tirerait sans aucunes égratignures ? En ce sens, il a commis une erreur. Et en France en 2010, j’aimerais croire qu’il encore possible de sanctionner l’erreur d’un Ministre. Réponse au prochain remaniement.

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One Response to “La naïve histoire d’Eric W.”
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  1. […] et l’étau se resserre. Ces derniers mois, une affaire autrement plus floue et compliquée que l’affaire Woerth/Bettencourt, avance à grands pas : celle liée à l’attentat de Karachi. Celle qui a précipité la mort […]



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